Chapitre 3 : Bloque-Cerveau (Alleluyah)

Sept heures et trente minutes. Mon coeur bat dans ma tempe ; ce martèlement incessant aura ma peau. Les souvenirs rongent désormais mon esprit, me lacèrent la pensée, avec l'énergie qu'ils m'ont déjà autrefois volée.

I feel...

Cold as a razorblade / tight as a tourniquet / dry as a /
funeral /
drum /

Assis par terre, la tête entre les genoux, je perçois soudain une première larme, puis une deuxième, qui tracent leurs sillons de glace en travers de mon visage décomposé. Quelques sons sortent de ma bouche. Sans me prévenir.

Je hurle.

L'oeil de la caméra me scrute et me dissèque, je le sais. Je me lève et le cherche ardemment, toujours criant et pleurant et bruitant et suintant comme un chat dans une cage électrique et bondissant et rageant, et serrant les poings à m'en faire saigner la paume et me jetant contre les parois matelassées tièdes et molles.

run to the bedroom/in the suitcase on the left/you'll find my favourite axe/

Un homme entre, le regard froid et vigilant. Au détour d'un rebond il me saisit, un autre l'aide à m'immobiliser, je me débats comme un fauve en rût,

would/you/like/to/learn/to/fly/

je voudrais les tuer tous les deux, les projeter sur des piques, leur ouvrir le poitrail à coups de dents / je voudrais détruire quelque chose de beau / je voudrais ouvrir mon propre poitrail, m'ouvrir et me déchirer,

would/you/like/to/see/me/try/

ils me tiennent bon, je sens une aiguille traverser ma chair,

would/you/like/to/call/the/cops/

la vague de Bloque-Cerveau traverse mes veines, mes muscles, ma moëlle, je commence à m'apaiser tandis qu'ils s'enfuient,

do you/think it's/time i stop/

ma tête tourne, je me laisse tomber, je m'effondre de toute ma masse.

Why are you running away ?..


Il est sept heures et trente-cinq minutes.

Mon esprit est tiède et mou.

Morphée me tient dans ses bras.